Interdire TikTok et Instagram aux moins de 15 ans dès 2026 : bonne ou mauvaise idée pour les ados ?

Interdire TikTok et Instagram aux moins de 15 ans dès 2026 : bonne ou mauvaise idée pour les ados ?

À partir de la rentrée 2026, l’accès des jeunes de moins de 15 ans aux réseaux sociaux pourrait être totalement interdit en France. Un projet de loi actuellement à l’étude vise à instaurer un véritable tournant dans l’usage du numérique par les adolescents. Quelles sont les mesures envisagées, les motivations gouvernementales et les défis qui s’annoncent ? Tour d’horizon d’une réforme ambitieuse au cœur des débats sur la santé et le bien-être des plus jeunes.

Un objectif clair : éloigner les moins de 15 ans des réseaux sociaux

Le gouvernement souhaite mettre en place une interdiction stricte pour les moins de 15 ans d’accéder à des plateformes comme TikTok, Instagram ou encore Snapchat. Ce dispositif, qui s’inscrit dans le prolongement de lois antérieures, vise à instaurer une coupure nette entre adolescents et réseaux sociaux jusqu’à l’entrée au lycée. Si ce genre de législation avait auparavant rencontré des obstacles à l’échelle européenne, la version actuelle du texte garantit sa conformité avec le règlement européen sur les services numériques (DSA).

L’application de cette mesure et les sanctions en cas de manquement devraient être confiées à l’Arcom, l’autorité en charge de la régulation audiovisuelle et numérique.

Vers des lycées sans smartphones ?

Déjà interdit dans les écoles et collèges depuis 2018, l’usage du téléphone portable pourrait également être banni dans les lycées. Les établissements du secondaire deviendraient ainsi de véritables « zones blanches » en matière de connexion numérique. L’idée est d’assurer une continuité éducative, de la maternelle jusqu’à la fin du lycée concernant la prévention de l’exposition aux écrans et réseaux sociaux.

Selon le gouvernement, cette nouvelle volonté s’appuie sur des données préoccupantes. Plusieurs études mettent en avant les effets négatifs d’une utilisation excessive des écrans chez les adolescents : risques accrus de cyberharcèlement, exposition à des contenus inappropriés et altération du sommeil figurent parmi les principales inquiétudes.

Un calendrier resserré pour une réforme d’ampleur

L’examen du projet de loi devrait débuter dès le mois de janvier 2026, dans le but qu’il entre en vigueur dès la rentrée scolaire suivante. Voici les grandes étapes prévues :

  • 8 janvier 2026 : passage devant le Conseil d’État
  • Débats au Parlement au cours des mois de janvier et février
  • Entrée en vigueur espérée le 1er septembre 2026

Cette dynamique s’inscrit dans une tendance internationale, la France observant avec attention des initiatives similaires en Australie, où des mesures sont en cours d’expérimentation pour interdire l’accès aux réseaux sociaux aux moins de 16 ans.

Quels leviers pour vérifier l’âge et garantir l’efficacité de la mesure ?

La question de l’application concrète de cette interdiction reste délicate. Comment s’assurer de l’âge réel des utilisateurs sans porter atteinte à leur vie privée ? Face à la facilité avec laquelle certains jeunes contournent déjà les restrictions via des VPN ou des fausses informations, la faisabilité technique du dispositif soulève de nombreux débats.

Le gouvernement avance qu’une coopération européenne via le DSA permettra de trouver des solutions techniques robustes, mais la course à l’innovation entre autorités publiques, grandes entreprises du numérique et les jeunes utilisateurs promet d’être complexe et mouvante.

Si cette réforme voit le jour, elle marquera un véritable changement dans l’accès au numérique des adolescents, posant de nouveaux repères pour les années à venir en matière de santé, d’éducation et de protection de la jeunesse.