À Caen, un campus santé pionnier s’engage pour un environnement sans tabac

À Caen, un campus santé pionnier s’engage pour un environnement sans tabac

Désormais, l’Université de Caen franchit une nouvelle étape dans sa politique de santé publique : le campus de l’UFR Santé adopte une règle stricte interdisant totalement la consommation de tabac et de cigarettes électroniques à proximité immédiate de ses bâtiments. Cette initiative vise à instaurer un environnement plus sain pour l’ensemble des étudiants et personnels, particulièrement devant les amphithéâtres, où l’accumulation de fumée était jusqu’ici monnaie courante.

Un engagement fort en faveur de la santé publique

Le Campus 5, site emblématique dédié à la formation des futurs professionnels de santé, est désormais le théâtre d’une expérimentation inédite : la protection contre le tabagisme passif s’y matérialise par une signalétique claire, incluant de nouveaux marquages au sol délimitant les zones exclues au tabac. L’objectif ? Préserver la qualité de vie et envoyer un signal cohérent aux étudiants suivant des cursus en médecine ou pharmacie.

Comme le souligne Paul-Ursmar Milliez, directeur de l’UFR Santé : « Nous formons les soignants de demain. Le tabac reste la première cause de mortalité évitable. Un campus sans tabac envoie un message fort ».

Une large adhésion des usagers

L’université a pris soin de sonder sa communauté en amont de la mise en place du dispositif. Sur 700 participants à l’enquête, près de 78 % se sont exprimés en faveur de cette évolution. Point notable : même auprès des fumeurs, l’initiative est généralement jugée positive, perçue à la fois comme une protection et une opportunité de réduire la consommation dans un contexte académique réputé exigeant.

Pour Romane et Lucie, étudiantes en orthophonie, la mesure est une véritable bouffée d’air : l’accès à l’unique entrée du site, souvent saturé par les fumeurs, redevient agréable pour tous, tout en permettant à chacun de respecter ses choix.

Privilégier l’accompagnement à la sanction

L’accent est mis sur le dialogue et la prévention, plutôt que sur la répression. Aucune présence policière n’est envisagée pour surveiller les abords des bâtiments ; ce sont des « étudiants relais-santé » qui auront pour mission de sensibiliser les usagers du campus, d’offrir de l’information et de désigner les solutions existantes pour ceux qui souhaitent arrêter.

  • Zones de tolérance : Des espaces couverts aménagés à distance des points de passage principaux sont prévus pour les consommateurs irréductibles.
  • Soutien personnalisé : Le service de santé universitaire propose un accompagnement pour les étudiants désireux de se libérer du tabac.
  • Ambassadeurs étudiants : Volontaires pour échanger de façon bienveillante et orienter ceux qui le souhaitent.

Le président de l’établissement, Lamri Adoui, rappelle que l’enjeu n’est pas d’imposer une contrainte, mais bien de promouvoir la santé collective : alors que plus de deux étudiants sur cinq en Normandie ont déjà expérimenté la cigarette, il s’agit de déconstruire l’association parfois entretenue entre tabac et convivialité estudiantine.

Vers la généralisation sur tous les sites universitaires

Le Campus 5 fait figure de précurseur, mais le projet de l’Université de Caen est de l’étendre à l’ensemble de ses treize sites. La prochaine étape devrait concerner le campus d’Alençon (Damigny), qui s’apprête à adopter à son tour des mesures similaires dans les prochaines semaines.

Pour le cardiologue Paul Milliez, « c’est une question de santé publique car les chiffres sont trop élevés. Certains étudiants vont peut-être penser à arrêter, et on gagnera notre pari ».

Une démarche nationale pour une génération sans tabac

Cette évolution s’inscrit pleinement dans les objectifs du Plan national de lutte contre le tabac (PNLT), qui ambitionne l’émergence d’une génération sans tabac à l’horizon 2032. Rejoignant les universités de Rennes ou de Strasbourg déjà engagées dans cette voie, l’Université de Caen souhaite s’ériger en modèle en faveur du bien-être étudiant et de la responsabilité environnementale, notamment via la diminution des déchets liés aux mégots de cigarettes.