Vapotage : des signaux d’alerte sérieux pour la santé du cœur et des poumons

Vapotage : des signaux d’alerte sérieux pour la santé du cœur et des poumons

Jusqu’à récemment perçue comme une alternative moins risquée à la cigarette traditionnelle, la cigarette électronique fait aujourd’hui l’objet d’avertissements appuyés de la part des autorités sanitaires françaises. Après trois années d’investigation et l’analyse pointue de milliers d’articles scientifiques, de nouveaux éléments viennent souligner les dangers potentiels du vapotage sur la santé, au premier rang desquels figurent les risques pour le cœur et les poumons.

Des répercussions préoccupantes sur le cœur et les poumons

L’analyse fine des experts met en avant une exposition « probable » à des problèmes cardiovasculaires chez les adeptes de la vape. Vapoter de manière quotidienne, en particulier avec des liquides contenant de la nicotine, entraîne une hausse de la pression artérielle ainsi qu’une accélération du rythme cardiaque. Autant de facteurs de risque qui, à terme, pourraient contribuer à augmenter le nombre d’infarctus et d’accidents vasculaires cérébraux chez les utilisateurs habituels.

Le système respiratoire n’est pas épargné. Les spécialistes ont relevé un lien « possible » entre l’usage régulier de la cigarette électronique et certaines pathologies respiratoires chroniques sévères, telles que la BPCO. Sur près de 1 800 substances identifiées dans les vapeurs, un peu plus d’une centaine présentent un caractère particulièrement inquiétant, dont la présence d’aldéhydes, molécules connues pour leur capacité à détériorer les tissus des voies respiratoires. Selon le Dr Olivier Galera, tabacologue, l’absence actuelle de recrudescence massive de pathologies graves s’explique surtout par un effet de latence. Son analyse prévient : « L’ignorance ou le déni pourraient durer une quinzaine d’années, mais nous pouvons redouter une nouvelle épidémie de maladies chroniques dans les décennies futures. »

Le vapotage sans nicotine, loin d’être inoffensif

Certains consommateurs misent sur les e-liquides sans nicotine en pensant écarter tout danger. Pourtant, le rapport souligne qu’il existe toujours un risque accru de cancers et d’atteintes respiratoires, même en l’absence de nicotine. L’explication ? Elle réside dans les réactions chimiques engendrées lors du chauffage du liquide. Le cocktail de propylène glycol, glycérol et arômes se transforme alors en composés toxiques, dont certains peuvent présenter un potentiel cancérogène ou irritant notable.

Une consommation qui se banalise

Les chiffres révélés sont significatifs : aujourd’hui, 6 % des Français sont des vapoteurs quotidiens, dont près d’un tiers pratique cette habitude depuis plus de quatre ans. Ce phénomène de banalisation inquiète d’autant plus lorsqu’il s’agit de femmes enceintes, chez qui le vapotage peut impacter le développement du fœtus. La recommandation institutionnelle est sans appel : l’arrêt total de la cigarette et de la cigarette électronique, sans passer par la case vape, s’impose comme la meilleure option.

Le plaisir sensoriel mis en avant par certains utilisateurs ne résiste pas aux preuves scientifiques qui montrent des altérations vasculaires et un potentiel cancérogène réel chez les personnes exposées.

La cigarette électronique, un soutien ponctuel au sevrage

Il s’agit de ne pas verser dans le tout ou rien. Pour les personnes fortement dépendantes au tabac, la cigarette électronique apparaît comme une méthode de sevrage moins destructrice que le tabac traditionnel, dont les ravages sont largement documentés. Cependant, l’objectif affiché doit rester celui d’une utilisation temporaire, visant une transition vers l’arrêt total de toute inhalation de substances potentiellement toxiques.

Un point d’attention concerne les adolescents : chez les jeunes âgés de 13 à 17 ans, l’attrait pour la vape – attisé par la variété des arômes et la dimension de mode – peut aussi devenir le premier pas vers la consommation de tabac à long terme. Pour enrayer ce phénomène, un contrôle beaucoup plus strict des ingrédients et une interdiction rigoureuse de toute forme de promotion commerciale apparaissent comme des mesures prioritaires.

Risques accrus avec le « Do It Yourself »

La volonté de produire soi-même ses propres liquides n’est pas sans conséquence, notamment en raison des risques de surdosage ou d’utilisation d’ingrédients inadaptés à l’inhalation. Cette démarche peut amplifier la toxicité des aérosols, exposant davantage les utilisateurs à des substances peu ou pas contrôlées d’un point de vue sanitaire.

Perspectives à long terme

Si les dangers immédiats du vapotage restent moins visibles que ceux du tabac, de nombreux experts estiment que les conséquences sanitaires sont susceptibles d’apparaître à grande échelle d’ici une quinzaine d’années. Les professionnels de santé recommandent ainsi la plus grande prudence et encouragent une information transparente auprès de toutes les générations.