À partir de janvier 2026, près de 356 000 agents publics verront leur rémunération augmenter de façon automatique, suite à la revalorisation du Smic. Cette évolution, conséquence directe des mécanismes d’indexation liés à l’inflation, interpelle sur les modalités de rémunération au sein de la fonction publique, mais suscite aussi interrogations et réactions.
Pourquoi cette augmentation s’impose-t-elle maintenant ?
Tout commence par l’annonce d’une revalorisation du Smic de 1,18 % au 1er janvier 2026, calculée sur l’inflation supportée par les 20 % de foyers les plus modestes et l’évolution des salaires des ouvriers et employés. Concrètement, le Smic brut mensuel passera de 1 801,80 euros à 1 823,03 euros, soit 12,02 euros brut de l’heure.
Si cette évolution est bénéfique pour les salariés du secteur privé, elle pose un problème d'ordre purement administratif pour l’État employeur : une partie des agents publics se retrouve alors rémunérée sous le seuil légal.
L’État contraint de rattraper l’écart salarial
Avant revalorisation, le « minimum de traitement » dans la fonction publique s’élevait à 1 801,74 euros. Avec le nouveau Smic, un écart apparaît, rendant illégale toute rémunération inférieure au salaire minimum, comme l’impose la jurisprudence depuis 1982. Dans ce contexte, l’État doit nécessairement ajuster le niveau de rémunération de ses agents les moins rémunérés.
L’indemnité différentielle : le dispositif de compensation
Plutôt qu’une refonte des grilles indiciaires, l’administration adopte un dispositif transitoire : l’indemnité différentielle. Cette mesure consiste à verser une prime qui permet à la rémunération totale d’atteindre précisément le montant du nouveau Smic, sans modification structurelle des grilles.
| Nouveau Smic | Ancien salaire minimum fonction publique | Montant de l’indemnité par mois (brut) |
|---|---|---|
| 1 823,03 € | 1 801,80 € | 21,23 € |
« Aucun agent public ne peut percevoir une rémunération inférieure au Smic. » — Ministère de l’Action et des Comptes publics.
Qui bénéficiera de cette mesure ?
- Toute personne travaillant dans la fonction publique d’État, hospitalière ou territoriale.
- Les agents dont l’indice majoré est inférieur à 371.
En pratique, un agent à l’indice majoré 366 verra apparaître (ou augmenter) cette indemnité sur sa fiche de paie, pour un gain mensuel brut de 21,23 euros, soit environ 16,83 euros nets. Cela ne concerne donc qu’une minorité sur les 5,8 millions de fonctionnaires.
Un ajustement jugé très limité
Si cette mesure s’impose par la loi, elle ne répond pas, selon les syndicats, aux attentes de progression salariale réelle pour les débuts de carrière. Beaucoup dénoncent le tassement des grilles indiciaires, avec des agents dont la rémunération reste longtemps proche du Smic, malgré l’ancienneté. Ainsi, l’indemnité différentielle représente davantage une correction technique imposée par la réglementation qu’une véritable avancée dans la valorisation des carrières publiques.
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